The name is Bond, James Bond

Publié le par Julien

Ce week-end, nous sommes allés à Cambridge (très beau week-end, voir le blog de Lylie pour les détails) et nous avons été voir Casino Royal, le nouvel opus de la série James Bond.

J'ai adoré. Et pourtant Dieu sait que, contrairement à une tradition familiale, j'ai détesté la plupart des James Bond ce que j'ai vu par le passé. D'ordinaire, un James Bond ça se passe comme ça : le monde est menacé par un complot ridicule avec un grand méchant très riche, très mégalomaniaque et un peu fou. Il y a généralement un asiatique, un nain ou un géant qui sert de garde du corps ou d'homme de main (utile pour les scènes d'action en un contre un). Un type au brushing et costard parfait, dont l'unique obssession dans la vie est la manière dont est préparé son Martini, se voit confier une série de gadgets défiant toute logique (le stylo char d'assaut ou la bonbonnière-navette spatiale par exemple) par un petit vieux rigolo. Le type parcourt quelques scènes d'action où, malgré le déchaînement de violence autour de lui, son brushing et son sourire ultra-bright restent intacts du début à la fin. Il met en échec les plans du méchant, ramasse généralement une top-modèle (ou 2) qui traînait par là. Fin. Au numéro d'après, on prend les mêmes et on recommence.
Lisse comme du plastique, sans saveur, sans odeur, ces James Bond Ken-GI Joe, aussi expressifs que les jouets du même nom, m'ont toujours horripilé.

Et là, Casino Royal : de la parenté il reste essentiellement des scènes d'action surchargées dont on peut sans trop de mauvaise foi remettre en cause le "réalisme". Ce petit héritage génant est vite oublié parce que ce James Bond est 1)impressionnant physiquement 2) a la gueule du mec qui peut sauter d'une grue à une autre sans sourciller 3) ne sort pas indemne de ces péripéties et n'a pas l'air principalement obsédé par sa coupe de cheveux 4) la violence y est dure et primaire, on n'a pas l'impression de voir des soldats de carton-pâte en train de jouer aux explosions et à la guerre. Les protagonistes souffrent et ont peur d'y passer. La violence a des conséquences et n'a pas l'air d'être une simple distraction pour espion qui s'ennuie.
Essentiellement, le nouveau James Bond est un tueur de sang-froid, bien dôté en muscle et en cervelle, sans doute un homme à femmes, mais aussi et surtout, un mec qui peut laisser ses sentiments obscurcir son jugement, un mec qui peut échouer et un mec qui peut aimer et être trahi. Loin des pinguins en plastique des épisodes précédents, Casino Royal distille quelques indices sur le passé et les motivations de Bond et fait de lui un homme impressionnant, efficace, sûr de lui mais pas invincible. Les James Bond girls ne sont pas des poupées sans cervelles dont James dispose sans jamais se poser de questions. La première, croisée au début du film, meurt à cause du "zèle" de Bond et sans tomber dans aucune de forme de larmoiement, elle n'est pas non plus simplement passée par pertes et profits (On comprend que 007 peut être, en gros, un sale boulot). Pour la seconde, nous avons une James Bond girl certes belle, mais aussi intelligente et ayant du caractère et ses propres démons à affronter. Elle est plutôt une beauté fragile et pas une énième Bond girl, juste bonne à fournir la fameuse "séquence maillot bain".

En conclusion, des scènes d'action époustouflantes, un acteur principal qui toute la densité dont peut rêver pour ce genre de films, des seconds rôles qui ne sont pas de simples faire-valoir, une histoire qui tient la route, un sens de l'autodérision bien placé, et un retour à la dureté et aux bases du personnage, un James Bond qui m'a converti, moi qui me croyais  allergique à vie aux James Bond sur pellicule.

Publié dans jujuinlondon

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Commenter cet article

Cher 21/02/2007 01:47

Casino Royale is one of my favorites. This movie is somehow different from the other James Bond sequel. I find this sequel more realistic.

Moi 19/12/2006 12:37

Quelle chance de vivre à Londres...

miguel 02/12/2006 14:10

pas de "séquence maillot bain" ? :-(

fiftywan 27/11/2006 00:55

wow. ça donne envie d'aller le voir :)