You're fired

Publié le par Julien

ou une petite histoire de flexibilité à l’anglaise, dont on ne connaît pas encore la fin.

 

Samedi dernier, je suis rentré de vacances avec Julie après un séjouren France qui nous a permis de nous reposer (un peu) et de fêter nos anniversaires en temps et en heure ou avec du retard ainsi que de voir la famille (beaucoup). Julie venait de trouver un job dans le tourisme dans une bonne boîte avec un bon salaire et devait commencer le lundi.

 

Reprenant donc le lundi 3 avril, je savais que j’avais raté une réunion assez importante le jeudi de la semaine d’avant. Etant assez proche respectivement de l’ancien directeur, Anders, et de Dan, le Business Development Director (lorsque j’avais effectué mon stage dans cette même entreprise en 2002, ils étaient déjà là et, à l’époque, il n’y avait qu’un employé supplémentaire, on avait vraiment sympathisé dans une ambiance familiale), j’étais déjà au courant de pas mal de choses.

J’étais allé visiter la maison mère à Munich deux jours quelques semaines auparavant, et Dan dans l’avion m’avait expliqué que pas mal de gens avaient prévu de partir incluant deux piliers de la boîte, lui et Anders, qui souhaitaient changer un peu d’air et profiter de nouvelles opportunités. Cela dit, il avait ajouté que, même si l'entreprise connaissait pas mal de soucis à cause de la compétition sur le secteur et d’un changement de législation qui avait fait du mal au business en GB, de gros clients étaient rentrés (dont un français pour lequel j’avais apporté ma contribution) et que, étant donné qu’il allait partir, je devrais sans doute prendre en charge une partie de son boulot par la suite. Plus de responsabilités, ça ne pouvait qu’être sympa (après tout, j’étais là pour ça).

 

Ajoutez à cela que le nouveau boss depuis quelques mois avait envoyé un email à tout le monde indiquant qu’il y aurait « plus d’argent pour tout le monde », ça n’avait pas l’air de se présenter si mal même si ça ne me faisait pas plaisir qu’Anders et Dan s’en aillent.

 J’avais checké mes mails professionnels depuis la France et je m’étais aperçu que je n’étais inclus dans un email global indiquant le crédit de vacances de chacun. Un oubli n’a rien d’extraordinaire mais c’était en fait l’indice numéro 1.

 

En rentrant ce lundi donc, je demande à Tristan un collègue quelles sont les principales infos de la réunion. Il me parle de suppression des remboursements de la carte de transports et des frais de téléphone. Je vais voir la présentation de la réunion que le boss avait mis dans le dossier « exchange ». Beaucoup de changements, pas beaucoup de bonnes nouvelles : Le business va mal mais ça devrait aller mieux, suppression d’un certain nombre d’avantages et en échange une prime potentielle sur les bénéfices (à condition que la boîte en fasse....). Et des départs, Firoze, un commercial, Nadine à la compta, Marthe, Account manager, Dan et Anders. La plupart volontaires, mais disons que ça tombait qu'ils souhaitent partir.

 

Bizarrement, sur le slide consacré aux évaluations qui doivent avoir lieu bientôt, mon nom n’apparaît pas. Vu que je travaille surtout avec Dan, je ne me pose pas trop de questions. Lorsque j’envoie un email au boss, il me répond qu’il aimerait me voir pour en discuter…

Là je trouve ça un peu bizarre quand même vu nos rapports un peu distants.

Comme je viens de rentrer de vacances, que c’était mon anniversaire, je m’attendais plus à recevoir une carte d’anniversaire comme le veut la tradition chez MM. Au lieu de cela, j’ai donc une entrevue avec le boss. Ça sent la mauvaise surprise.

 

Je lui demande s’il est Ok pour qu’on se voie maintenant, il répond d'accord. Je m’installe.

Il commence par un topo sur la mauvaise siuation financière de l’entreprise. Par histoires vécues et propos rapportés, je sais que, généralement, quand un manager te convoque individuellement et commence par évoquer des notions telles que « mauvaise situation financière »,  « période difficile » en parlant à la troisième personne ou en disant « nous » à la place de « je », tu peux déjà faire tes valises.

Donc le couperet tombe : mon poste est supprimé, il est très très très désolé, ça n’a rien à voir avec mon travail qui est excellent, il est prêt à me servir de référence auprès d’un futur employeur potentiel etc. Merci. Je lui explique que même si je savais que la situation était pas terrible, les prochains mois s’annoncent meilleurs, et Dan étant sur le départ, je m’attendais à ce qu’il faille au moins une personne pour le management produit dans la filiale anglaise. Il me répond que la décision vient d’Allemagne et que les principaux actionnaires ont exigé une réduction des coûts et que même si ce ne sera pas évident, c’est comme ça. Ma carte d’anniversaire est donc en fait une lettre de licenciement…

S’en suit un topo sur le délai de départ et les conditions : je serai payé jusqu’à la fin du mois + les congés non pris et une partie tax free. Il m’autorise à partir quand je veux. Vendredi (hier), c’était donc mon dernier jour. Sur le coup, ça fait un choc…

 

Alors, pour résumer la semaine, j’ai essentiellement cherché du boulot et me suis aperçu que les gens étaient quand même un peu dégoutés que je m’en aille pour des raisons diverses et plus ou moins égoïstes et pas mal n’étaient pas au courant. Les Allemands ont réalisé qu'ils allaient devoir cravacher encore plus. Certains collègues m’ont proposé leur aide, m’ont donné des noms d’agences de recrutement (des petites agences privées qui cherchent des employés potentiels pour les entreprises), système répandu ici. Un fournisseur a même proposé de faire tourner mon CV. Anders a retravaillé mon CV, l’a fait suivre à sa propre agence. Dan m’a invité au restau où on a beaucoup parlé (quelle surprise) de la boîte, du fait que pas mal de choses avaient changé en termes d’ambiance, des petits complots et du fait qu’il était vraiment dégoûté pour moi. C’était vraiment une discussion sympathique que j’ai beaucoup appréciée et inutile de dire que j'aurais préféré pouvoir continuer à bosser plus longtemps avec lui.

 

Sinon, note positive, j’ai déjà un entretien mardi prochain pour un autre job dans le mobile marketing. J’ai eu un appel d’une agence et c’était réservé dans la semaine.

 

Avec tout ça, je pense que je suis en mesure d’écrire un guide d’installation à Londres traitant des principaux problèmes que l’on peut rencontrer ici (jobs, logement, sécu, banque etc).


A suivre.

Publié dans jujuinlondon

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fiftywan 09/04/2006 21:50

Hum. Pas génial comme cadeau d'anniversaire. Enfin nul doute que tu arriveras à te relever sans trop de problèmes. Pour ce qui est des agences de recrutement, ça se fait pas mal en France aussi, j'ai l'impression.@+

Marcus 09/04/2006 10:13

Bon courage Julien et tiens nous au courant !