Lundi 5 décembre 2005

« 5h du mat j’ai des frissons… »



non, non, je ne suis pas devenu un karaokiste soucieux d’agresser l’oreille de mes congénéres mais ce matin il a fallu se lever (à 5h du mat’ donc, faites un effort SVP) pour être à waterloo Station et attraper l’Eurostar de 6H30. Ambiance étrange : le métro systématiquement bondé est vide ou presque. On se croirait dans ses romans fantastiques où le personnage principal circule dans une ville absolument déserte mais où tout fonctionne normalement. Les portes s’ouvrent et se referment mais personne ne monte ou ne descend. Les voix enregistrées égrennent la longue litanie des stations de la Nothernline. He oui, même les yeux explosés et le bonnet vissé sur la tête, on peut être un peu poête, ça ne coûte rien. Arrivé à Waterloo, mon patron a la même tête de vainqueur, ça fait plaisir. Je vous épargne les détails sur les rendez-vous, mais ça s’est bien passé, y a du brouzouf à faire. Sinon trip du commercial classique : discussion au café du Méridien où le patron de Toshiba s’est pointé pour fumer un gros cigare derrière juste derrière moi (souvenirs de stage). Soyons clair, mon patron a fait l’essentiel du boulot, j’étais surtout là pour décorer, prendre des notes et accessoirement intervenir en cas de souci linguistique majeur. Ensuite, buffalo Grill et re chez un gros distributeur de contenus. Ensuite tacos, La Défense, Périph, Gare du Nord, attrape Courrier International et rassieds-toi dans l’Eurostar. Pour ceux qui en doutaient encore, la géographie n’est plus ce qu’elle était. Paris, c’est dans quelle partie de Londres déjà ?

Dimanche 4 décembre 2005

Waterloo and Austerlitz

 

Je ne sais pas si c’est symptomatique de l’état d’esprit général dans les deux pays et peut-être que le raccourci est un peu facile mais la comparaison des célébrations de Waterloo et d’Austerlitz est assez étonnante. Pour les deux pays, il s’agissait de fêter le bicentenaire de la grande victoire par excellence, celle qui donne son nom aux rues et aux places. Or si Trafalgar a été fêtée à grands renforts de manifestations publiques et officielles, d’articles dans la presse et d’enthousiasme collectif, d’après ce que j’ai lu dans la presse française, Austerlitz a été joyeusement expédié sur le mode de « bon, allez, on coupe le bandeau et on retourne se coucher ». Pas de Président, pas de 1er Ministre. Une Nième controverse sur le mode Napoléon=Hitler. Surtout ne rien faire qui pourrait un peu titiller la fierté nationale, on n’en a absolument pas besoin en ce moment. Osons une analyse : s’agirait pas de redonner au bon peuple un peu de courage et de souvenirs de leaders passés, il pourrait s’apercevoir de la nullité des dirigeants du présent.

 

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3230,36-716794@51-633431,0.html

 

 

Ou plus simplement, l’autoflagellation, nouveau sport national ?

 

http://www.lefigaro.fr/politique/20051202.FIG0168.html?230925

 

Dimanche 27 novembre 2005

Rule Britannia est une espèce d'hymne national non officiel assez populaire écrit en 1745. Traditionnellement le morceau est joué à la dernière Night of the Proms (suite de concerts classiques) organisée tous les ans par la BBC. Suivant la mode du politiquement correcte et de l'autoflagellation qui parcourt les nations européennes, le morceau a été attaqué ces dernières années pour son nationalisme éhonté.

Quand une assemblée de britanniques se met à hurler le refrain, c'est vrai que ça fait peur. Surtout pendant un match de foot Angleterre-Allemagne.

Les Anglais étant assez chauvins et le supporter anglais moyen se tapant royalement (c'est le mot) des sensibilités du professeur d'université ou sociologue ou "penseur" lembda, on risque d'entendre ce doux refrain encore longtemps.

When Britain first at Heav'n's command
Arose from out the azure main;
This was the charter of the land,
And guardian angels sang this strain;
Rule, Britannia! Britannia, rule the waves:
Britons never shall be slaves.
The nations not so blest as thee,
Shall in their turns to tyrants fall;
While thou shalt flourish great and free,
The dread and envy of them all.
Rule, Britannia! Britannia, rule the waves:
Britons never shall be slaves.
Still more majestic shalt thou rise,
More dreadful from each foreign stroke;
As the loud blast that tears the skies,
Serves but to root thy native oak.
Rule, Britannia! Britannia, rule the waves:
Britons never shall be slaves.
Thee haughty tyrants ne'er shall tame,
All their attempts to bend thee down
Will but arouse thy generous flame;
But work their woe, and thy renown.
Rule, Britannia! Britannia, rule the waves:
Britons never shall be slaves.
To thee belongs the rural reign;
Thy cities shall with commerce shine;
All thine shall be the subject main,
And every shore it circles thine.
Rule, Britannia! Britannia, rule the waves:
Britons never shall be slaves.
The Muses, still with freedom found,
Shall to thy happy coast repair;
Blest Isle! With matchless beauty crowned,
And manly hearts to guide the fair.
Rule, Britannia! Britannia, rule the waves:
Britons never shall be slaves.

 

Si vous voulez écouter le morceau, cliquez là. Le refrain vaut le coup.

http://www.cix.co.uk/~lumpkin/rulebrit.mp3

Dimanche 27 novembre 2005

Il

Il s’est récemment produit un événement important dans la vie britannique : George Best est mort, à l’âge de 59 ans. Si vous croisez un Anglais, ne lui dites pas que vous n’avez pas la moindre idée de qui il s’agit. Ici, tout le monde semble être persuadé que le monde entier ou presque s’est mis en deuil. Je ne doute pas qu’il y ait certains fans de football qui aient effectivement suivi la déchéance de ce monument national. George Best a tout eu : la gloire au football, une vie de jet setteur, idole du bon peuple et des jeunes filles. Problème : il n’a jamais pu se défaire d’un vieux démon, l’alcool. Et ce qui arrive souvent s’est là encore produit, le temps n’a pas fait de cadeau. Fêtard sympathique à 20 ans, déchet pathétique 40 ans plus tard. Même après une greffe du foie, il n‘a pu renoncer à la bouteille. L’homme aurait autorisé la publication de ses dernières photos, teint jaune, le corps recouvert de tuyaux pour que ça « serve d’avertissement aux autres ».

 

 

Dimanche 27 novembre 2005

Ailleurs l’herbe est plus verte dit le proverbe, en tout cas, elle l’est définitivement dans le parc anglais moyen. Le parc en Angleterre est probablement une institution à la hauteur de la pinte de biere : incontournable ! Il convient sans doute très bien à la vieille mentalité anglaise et aristocratique qui survit ici et là. Le parc anglais est grand, on y respire mais ça n’est pas le chaos anarchique de la forêt. S’agirait pas de laisser croire à la nature que c’est elle qui commande. Entre les enfants qui se balladent avec les parents, les couples jeunes et vieux, les chiens, les animaux enfermés ou en liberté, il faut reconnaître que tout ça produit une impression de calme et de tranquillité contagieuse.

 

De parc, nous en avons dégotté un de particulièrement sympathique un dimanche. Il faisait pas chaud certes mais après une jolie ballade dans le parc accompagnés par les écureuils, des canards et des poules d'eau, nous avons pu nous poser pour une soupe et un morceau de pain accompagné de Chedar. Le charme désuet de la Vieille Angleterre.

 

 

 

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