Vendredi 28 avril 2006
Petit bilan de fin de mois. 3 semaines de chômage et, pour l'instant, rien de définitif en vue. Je croyais tenir le ponpon la semaine dernière, coup de fil de Yahoo pour un poste d'International Account Manager, une des boîtes dans lesquelles j'adorerais travailler. Le premier entretien se passe super bien, le deuxième aussi. Malheureusement, ce matin je reçois un coup de fil et un type des ressources humaines m'apprend que certes j'ai fait bonne impression mais des candidatures internes ont été posées durant la semaine et la politique de la boîte est de leur donner priorité donc... Il ajoute qu'il existe d'autres postes d'Account Manager sur le marché britannique et qu'il aimerait faire suivre mon CV. Evidemment je dis oui. Mais bon au mieux, ça veut dire tout recommencer à zéro en ce qui concerne les entretiens (bis repetita, ça se prononce comment en anglais ?) et sur un poste où mon Français ne constitue pas du tout un plus.
Bref je ne compte pas trop dessus.

Sinon la semaine prochaine je devrais avoir un second entretien avec une boîte de mobile marketing que j'ai mentionnée précédemment, ils l'ont repoussé pour cause de départ au ski annuel pour toute la boîte doublé d'une semaine chargée...
Là encore, je ne sais pas trop ce que ça va donner.

Bref, je continue à regarder les annonces et envoyer des CVs. La semaine prochaine, je vais sans doute essayer d'arroser très large. Si tout va bien, entretien Yahoo et boîte mobile marketing (si tout va bien...)

Sinon le moral ça va mais je m'ennuie... Lylie est au boulot la journée (comme elle a des béquilles, j'ai pu m'occuper d'elle, l'accompagner chez le médecin, lui chercher ses béquilles, j'ai été la chercher à la sortie du bureau ce soir) et franchement DVD, Internet travaux ménagers, y a un moment où ça lasse.

Pour déformer une formule bien connue : "Le travail c'est la santé, rien faire c'est s'emmerder..."

A +
Dimanche 16 avril 2006

Week-end à Bath

 

Mercredi dernier dans la soirée, je suis allé à la soirée d’adieu d’Anders, mon ex-patron qui quitte MindMatics (après avoir fondé la filiale anglaise il y a quelques années) pour un déménagement « campagnard » et une vie moins trépidante. Des projets professionnels, il en a je ne m’en fais pas trop pour lui. La soirée était très sympa et on a beaucoup parlé boulot avec les mecs de ma désormais ancienne boîte.

Julie avait, elle, dîné dans un étoile 5 étoiles en bord de Tamise dans le cadre de son job. Elle m’a rejoint au bar situé près de Leicester Square en fin de soirée et après lui avoir présenté les collègues et essentiellement Dan et Anders dont elle avait beaucoup entendu parler, nous avons discuté 10 minutes avec tout le monde et sommes rentrés à la maison.

 

Le lendemain matin, j’avais un entretien dans une boîte qui vend essentiellement une solution de marketing interactif via bluetooth. On colle un récepteur bluetooth sur la publicité dans différents lieux et les consommateurs équipés de « devices » bluetooth (ordinateur, téléphones, PDAs) peuvent interagir avec le panneau (par exemple, télécharger la bande annonce du film dont le panneau fait la pub). Le mec était sympa, l’entretien intéressant mais la boîte est vraiment petite, le salaire pas attrayant et le poste très vente. Donc je suis moyennement intéressé.

 

En fin de journée, le type de l’agence m’a rappelé pour confirmer un deuxième entretien avec la première entreprise pour un poste d’account manager. Donc c’est une bonne nouvelle de ce côté-là ce qui  m’a permis de profiter de notre week-end à Bath.

 

J’ai rejoint Lylie à Victoria pour prendre un bus devant nous emmener vers notre destination, Bath.

 

Le Bed&Breakfast que nous avons choisi a été une très bonne surprise. Le propriétaire, vraiment gentil, est venu nous chercher à la gare. Sa maison, très british, est très mignonne et située pas trop loin du centre-ville quoique donnant sur une rue avec pas mal de circulation. La chambre était grande, bien aménagée. Et le petit déjeuner anglais tous les matins copieux ! Bref une bonne adresse : Membland Guest House

 


 

La ville elle-même a été aussi une très bonne surprise. A retenir les fameux bains romains, l’attraction touristique principale et qui mérite effectivement le détour, on ne s’y ennuie pas. L’architecture géorgienne de la ville et l’atmosphère très plaisante aussi (beaucoup de parcs, de boutiques, cafés etc). Bref à visiter, et deux jours suffisent largement pour en profiter.

 



 


 


 

Ah sinon, on a aussi fait un mini golf dans un cadre très "campagne verdoyante" avec Lylie qui s’est soldé par un score de 64 à 64 soit une égalité parfaite au bout de 18 trous !

 


On a aussi été voir Ice Age 2, très bon film, vraiment plein d’humour, un bon moment à un tarif pour une fois raisonnable. Nous avons évidemment fait quelques restos dont un très bon italien et un autre qui fut un désastre complet (on nous a fait attendre, oubliés pour finalement nous apporter des plats respectivement, cramé et pas cuit et le temps d’attente nous a en plus fait rater une visite prévue à 2H). Le manager était tellement consterné qu’il n’a même pas cherché à contester quand on lui dit qu’on ne paierait pas le thon cru de lylie.

 


La photo n'a rien à voir avec le restau, j'avais juste envie de la mettre...


 

Bref, malgré un épisode culinaire difficile, un bon week-end, qui en plus de nous permettre de prendre l’air et de nous détendre, nous a permis de découvrir une Angleterre plus provinciale et au rythme plus humain que Londres. Même si la ville a sans doute ses défauts, la qualité de vie à Bath avait vraiment l’air excellente.


 

La prochaine fois, ce devrait être l’Ecosse…

Mardi 11 avril 2006
Ce matin, 1er entretien trouvé par une agence. Une petite boîte spécialisée dans la relation client via SMS. Un business modèle basé sur un produit assez simple et qualitatif qui a l'air assez malin. Typiquement les grandes marques sont invitées à placer des petits encarts dans leur communication invitant le consommateur ou prospect à envoyer un SMS pour obtenir des infos supplémentaires, une brochure, être appelé par un call center etc. Cela permet en plus à l'entreprise de collecter des données qui peuvent être automatiquement ajoutées à son système de CRM. L'entretien a duré plus d'une heure et demi, d'abord avec un manager anglais ensuite avec les deux commerciaux français de l'équipe. Bon contact, jeunes, sympas et connaissant bien leur affaire, bref c'était intéressant. Je pense que ça s'est plutôt bien passé, après, le résultat dépendra sans doute de l'éventuelle concurrence.

Le bâtiment dans lequel est la boîte est le Tea building, un grand building assez bizarre. Une fois à l'intérieur on a l'impression de s'être égaré dans un grand entrepôt vide. C'est conceptuel, il faut aimer.

Pour le reste, j'ai comme d'habitude écouté "eye of the tiger" en boucle avant l'entretien (la BO du premier Rocky pour les incultes). Très bon pour se donner un moral de gagnant (NB: ne pas trop se laisser emporter et décocher un direct du droit à votre interlocuteur qui vous tend la main, ça part d'un bon sentiment mais pourrait être mal interprété...)

De toutes façons après 5-10 minutes de marche dans un vent glacial, le "tigre" en avait un peu pris un coup ! On va voir la suite...

Sinon j'ai aussi eu un coup de fil du Directeur de Sponge, qui est une boîte très dynamique dans le marketing mobile et en forte expansion avec de gros financements derrière elle, prévoyant notamment de s'implanter en France. A priori, la filiale devrait être lancée dans six mois, un an, il voulait discuter un peu et voir si je pourrais être intéressé. Beaucoup de conditionnel et de trucs qui seraient, éventuellement, si tout va bien etc possible mais bon peut être un contact intéressant pour l'avenir surtout qu'il avait franchement l'air très sympathique.

A part ça, c'est plutôt ambiance "Fred le chat" cet après-midi. Jetez un coup d'oeil à la vidéo pour comprendre...

Si je suis courageux, je vais aller à la gym...



Samedi 8 avril 2006

ou une petite histoire de flexibilité à l’anglaise, dont on ne connaît pas encore la fin.

 

Samedi dernier, je suis rentré de vacances avec Julie après un séjouren France qui nous a permis de nous reposer (un peu) et de fêter nos anniversaires en temps et en heure ou avec du retard ainsi que de voir la famille (beaucoup). Julie venait de trouver un job dans le tourisme dans une bonne boîte avec un bon salaire et devait commencer le lundi.

 

Reprenant donc le lundi 3 avril, je savais que j’avais raté une réunion assez importante le jeudi de la semaine d’avant. Etant assez proche respectivement de l’ancien directeur, Anders, et de Dan, le Business Development Director (lorsque j’avais effectué mon stage dans cette même entreprise en 2002, ils étaient déjà là et, à l’époque, il n’y avait qu’un employé supplémentaire, on avait vraiment sympathisé dans une ambiance familiale), j’étais déjà au courant de pas mal de choses.

J’étais allé visiter la maison mère à Munich deux jours quelques semaines auparavant, et Dan dans l’avion m’avait expliqué que pas mal de gens avaient prévu de partir incluant deux piliers de la boîte, lui et Anders, qui souhaitaient changer un peu d’air et profiter de nouvelles opportunités. Cela dit, il avait ajouté que, même si l'entreprise connaissait pas mal de soucis à cause de la compétition sur le secteur et d’un changement de législation qui avait fait du mal au business en GB, de gros clients étaient rentrés (dont un français pour lequel j’avais apporté ma contribution) et que, étant donné qu’il allait partir, je devrais sans doute prendre en charge une partie de son boulot par la suite. Plus de responsabilités, ça ne pouvait qu’être sympa (après tout, j’étais là pour ça).

 

Ajoutez à cela que le nouveau boss depuis quelques mois avait envoyé un email à tout le monde indiquant qu’il y aurait « plus d’argent pour tout le monde », ça n’avait pas l’air de se présenter si mal même si ça ne me faisait pas plaisir qu’Anders et Dan s’en aillent.

 J’avais checké mes mails professionnels depuis la France et je m’étais aperçu que je n’étais inclus dans un email global indiquant le crédit de vacances de chacun. Un oubli n’a rien d’extraordinaire mais c’était en fait l’indice numéro 1.

 

En rentrant ce lundi donc, je demande à Tristan un collègue quelles sont les principales infos de la réunion. Il me parle de suppression des remboursements de la carte de transports et des frais de téléphone. Je vais voir la présentation de la réunion que le boss avait mis dans le dossier « exchange ». Beaucoup de changements, pas beaucoup de bonnes nouvelles : Le business va mal mais ça devrait aller mieux, suppression d’un certain nombre d’avantages et en échange une prime potentielle sur les bénéfices (à condition que la boîte en fasse....). Et des départs, Firoze, un commercial, Nadine à la compta, Marthe, Account manager, Dan et Anders. La plupart volontaires, mais disons que ça tombait qu'ils souhaitent partir.

 

Bizarrement, sur le slide consacré aux évaluations qui doivent avoir lieu bientôt, mon nom n’apparaît pas. Vu que je travaille surtout avec Dan, je ne me pose pas trop de questions. Lorsque j’envoie un email au boss, il me répond qu’il aimerait me voir pour en discuter…

Là je trouve ça un peu bizarre quand même vu nos rapports un peu distants.

Comme je viens de rentrer de vacances, que c’était mon anniversaire, je m’attendais plus à recevoir une carte d’anniversaire comme le veut la tradition chez MM. Au lieu de cela, j’ai donc une entrevue avec le boss. Ça sent la mauvaise surprise.

 

Je lui demande s’il est Ok pour qu’on se voie maintenant, il répond d'accord. Je m’installe.

Il commence par un topo sur la mauvaise siuation financière de l’entreprise. Par histoires vécues et propos rapportés, je sais que, généralement, quand un manager te convoque individuellement et commence par évoquer des notions telles que « mauvaise situation financière »,  « période difficile » en parlant à la troisième personne ou en disant « nous » à la place de « je », tu peux déjà faire tes valises.

Donc le couperet tombe : mon poste est supprimé, il est très très très désolé, ça n’a rien à voir avec mon travail qui est excellent, il est prêt à me servir de référence auprès d’un futur employeur potentiel etc. Merci. Je lui explique que même si je savais que la situation était pas terrible, les prochains mois s’annoncent meilleurs, et Dan étant sur le départ, je m’attendais à ce qu’il faille au moins une personne pour le management produit dans la filiale anglaise. Il me répond que la décision vient d’Allemagne et que les principaux actionnaires ont exigé une réduction des coûts et que même si ce ne sera pas évident, c’est comme ça. Ma carte d’anniversaire est donc en fait une lettre de licenciement…

S’en suit un topo sur le délai de départ et les conditions : je serai payé jusqu’à la fin du mois + les congés non pris et une partie tax free. Il m’autorise à partir quand je veux. Vendredi (hier), c’était donc mon dernier jour. Sur le coup, ça fait un choc…

 

Alors, pour résumer la semaine, j’ai essentiellement cherché du boulot et me suis aperçu que les gens étaient quand même un peu dégoutés que je m’en aille pour des raisons diverses et plus ou moins égoïstes et pas mal n’étaient pas au courant. Les Allemands ont réalisé qu'ils allaient devoir cravacher encore plus. Certains collègues m’ont proposé leur aide, m’ont donné des noms d’agences de recrutement (des petites agences privées qui cherchent des employés potentiels pour les entreprises), système répandu ici. Un fournisseur a même proposé de faire tourner mon CV. Anders a retravaillé mon CV, l’a fait suivre à sa propre agence. Dan m’a invité au restau où on a beaucoup parlé (quelle surprise) de la boîte, du fait que pas mal de choses avaient changé en termes d’ambiance, des petits complots et du fait qu’il était vraiment dégoûté pour moi. C’était vraiment une discussion sympathique que j’ai beaucoup appréciée et inutile de dire que j'aurais préféré pouvoir continuer à bosser plus longtemps avec lui.

 

Sinon, note positive, j’ai déjà un entretien mardi prochain pour un autre job dans le mobile marketing. J’ai eu un appel d’une agence et c’était réservé dans la semaine.

 

Avec tout ça, je pense que je suis en mesure d’écrire un guide d’installation à Londres traitant des principaux problèmes que l’on peut rencontrer ici (jobs, logement, sécu, banque etc).


A suivre.

Lundi 13 mars 2006

Dimanche dernier, julie et moi sommes allés voir "The weather Man" avec Nicolas Cage. Acteurs et réalisation parfaites sur une histoire difficile à traiter. Ca faisait très très longtemps que je n'avais pas été aussi agréablement surpris par un film et Julie a bien aimé aussi. Ci-dessous un avis vite rédigé :


The weather man traite d'un sujet mille fois traités : l'impuissance face au deroulement de sa propre vie, l'homme en milieu de vie, le « middle-aged man » qui s'apercoit qu'il n'a reussi ni a garder sa femme, ni a faire le bonheur de ses enfants alors qu'il n'y a pas si longtemps il pensait avoir toutes les clefs pour reussir et avoir atteint un point d'equilibre dans sa vie.

 

J'ai lu une critique americaine disant que le film etait un énième film traitant de la « middle class angst », le desenchantemnt de la classe moyenne americaine.

 

Certes, le personnage principal n'aime pas son job mais il ne le deteste pas non plus. Il le considere a distance de maniere raisonnable : il a tel avantage, tel inconvenient. Etre weather man n'est pas parfait surtout quand tous les petits rigolos s'amusent à vous lancer de la nourriture à la figure alors que vous voulez juste qu'on vous foute la paix, mais de quel droit demander de la perfection a sa vie professionnelle quand sa vie privee est un desastre ?

 

A mon avis le film traite d'un sujet beaucoup plus general, l'incapacite d'accorder ses intentions aussi bonnes soit-elle avec la realite. La froideur et la tristesse qui se degagent par moment du film de maniere un peu dure evitent de tomber dans la niaiserie et l'humour a double tranchant permet d'alleger certains instants, quand le poids des emotions devient trop lourd a porter.

 

Pour en revenir au statut de weather man, si ce job est un objet de frustration, c'est qu'il est un peu futile, n'a aucune signification aux yeux d'un pere ecrivain renomme ayant frequente les grands de ce monde. Lorsque celui-ci annonce qu'il est atteint d'un cancer mortel la preoccupation principale du personnage interperete par Nicolas Cage n'est pas la mort de son pere elle-meme mais la soudaine absence de temps, le fait qu'il ne pourra pas reparer son couple, ses enfants et par la montrer a son pere qu'il n'est pas un rate. La relation entre lui et le pere est sans doute un des meilleurs aspects du film. Le pere n'est pas un « grand homme » froid et meprisant, completement imbu de sa personne, c'est le simple fait d'etre qui il est qui fait son fils se sentir coupable, coupable a ses propres yeux de ne pas etre a la hauteur de son pere. Pendant une bonne partie du film, c'est plus l' incomprehension sans animosite qui domine que la rivalite. Le fils ne comprend pas pourquoi il n'arrive pas a etre a la hauteur de son pere. Le pere ne comprend pas ce que son fils essaye d'etre exactement. Les deux sont egalement genes de cette incomprehension mutuelle.

 


« Nicolas Cage » se prend d'une soudaine passion pour le tir a l'arc au milieu du film. C'est un point mineur mais que j'ai trouve interessant. Le tir a l'arc sert un peu de paliatif a ses propres frustrations et de metaphore inversee de ses difficultes. Au tir a l'arc, la recette est simple : une cible, une fleche, un tireur. Selon l'habilete naturel et le niveau d'entrainement du tireur, la fleche fait plus ou moins mouche. A l'oppose de sa propre existence, le raisonnement est simple, les causes et consequences parfaitement identifiees, aussi nette que le son d'une fleche qui se plante dans sa cible.

 

La note d'optimisme qui résonne dans tout le film est finalement celle-ci : l'échec n'efface jamais complétement la bonté des intentions.

 

Comme le dit la chanson : « J'aime les hommes qui sont ce qu'ils peuvent… »

 

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