Vu de l’Angleterre, cette Coupe du Monde aura été particulièrement intense. Sujet de préoccupation unique d’une bonne partie de la population, omniprésence dans les medias et dans les tabloïds. Folie patriotique, la croix de St George était quasi obligatoire (camionnettes et autres véhicules avec 4 ou 6 petits drapeaux, boutique de portables, agence immobilière, club de gym affichant la grande croix rouge sur fond blanc a l’entrée, portables, serviettes de bain, literie, boutons de manchette etc etc).
La conviction générale était c’était l’année de l’Angleterre et qu’"on allait gagner". Comme d’habitude, on blâme maintenant le fait que l’entraineur soit étranger (notre ami suédois quitte de toutes façons son poste pour être remplace mais c’était de toutes façons prévu),la qualité du gazon, le type de ballon, les tricheries de l’adversaire (si vous vous appelez Ronaldo et que vous êtes portugais, un conseil d’ami, évitez le pays pendant 4 ans…). La presse a aussi joyeusement couvert les aventures des femmes de footballeur en Allemagne, pour décrire dans les grandes lignes, une bande de top-models/femmes au foyer qui claquent le pognon de leurs riches maris (shopping, shopping…) et, en bonnes anglaises, se bourrent la gueule tous les soirs avant de se fritter avec la population locale et de terminer la soirée par un dernier bras d’honneur en direction du photographe du Sun. Typique…
Dans la catégorie « vie de bureau », je retiendrai particulièrement le congé de milieu d’après-midi et la location de places dans un pub pour assister à Angleterre vs Trinidad & Tobago, mes collègues ont pu rêver quelques minutes, moi, j’étais assez peu convaincu de l’importance historique, même d’un point de vue strictement footballistique, d’un Angleterre vs Trinidad & Tobago (hommage au petit pays qui s’en est très bien sorti)
Plus personnellement, la règle qui veut que rien ne vaut un séjour a l’étranger pour titiller sa fibre patriotique s’est vérifiée. Je n’ai jamais autant été dedans (en fait, je n’avais jamais été dedans tout court) que cette année, surtout que le cote « dernier coup de griffes des vieux lions » ne me déplaisait pas. Julie s’est quant a elle habillée en bleu blanc rouge pour la finale, ce qui se passe de commentaires même si c’était relativement discret quand même je dois dire. J
Le coup de tête de Zidane, je ne vais pas y revenir pendant dix ans. Mais, après tout, même si je ne dis pas qu’il faut que ca se répète a chaque match, le foot n’étant qu’un spectacle ou un drame sur gazon et les spectateurs recherchant avant tout des émotions collectives fortes, est-ce qu’un joueur qui se grille a dix minutes de la fin de sa carrière, juste pour défendre son honneur personnel ou familial, ca n’avait pas plus de gueule, plus de panache qu’une finale qui se termine par 1 partout ? Est-ce que ca ne nous change pas d’une survalorisation des notions de tolérance et de pacifisme gnangnan qui nous conduit a penser que la seule attitude acceptable devant un affront c’est d’accepter et baisser la tête ? Est-ce qu’il n’existe pas de saines colères ?
