par Julien
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jujuinlondon
Je suis un peu (beaucoup ?) dans une période de fainéantise bloggueuse ces derniers temps. Mais bon, Julie va partir en business trip prochainement, et je comblerai sans doute les soirées ennuyeuses en écrivant un peu plus. En même temps, j'ai aussi beaucoup de lecture à rattraper aussi.
Bref jusqu'ici j'aurais dû faire un petit post bilan traditionnel de fin d'année, faire un post sur mon secteur d'emploi (suite à un article intéressant indiquant que le mobile est à l'état du web en 1995, prêt pour la grande explosion, faire un post sur le rapport des Anglais à leurs dirigeants et faire un post sur l'iPhone.
A suivre et bonne année !
Bref jusqu'ici j'aurais dû faire un petit post bilan traditionnel de fin d'année, faire un post sur mon secteur d'emploi (suite à un article intéressant indiquant que le mobile est à l'état du web en 1995, prêt pour la grande explosion, faire un post sur le rapport des Anglais à leurs dirigeants et faire un post sur l'iPhone.
A suivre et bonne année !
par Julien
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jujuinlondon
Ce week-end, nous sommes allés à Cambridge (très beau week-end, voir le blog de Lylie pour les détails) et nous avons été voir Casino Royal, le nouvel opus de la série James Bond.
J'ai adoré. Et pourtant Dieu sait que, contrairement à une tradition familiale, j'ai détesté la plupart des James Bond ce que j'ai vu par le passé. D'ordinaire, un James Bond ça se passe comme ça : le monde est menacé par un complot ridicule avec un grand méchant très riche, très mégalomaniaque et un peu fou. Il y a généralement un asiatique, un nain ou un géant qui sert de garde du corps ou d'homme de main (utile pour les scènes d'action en un contre un). Un type au brushing et costard parfait, dont l'unique obssession dans la vie est la manière dont est préparé son Martini, se voit confier une série de gadgets défiant toute logique (le stylo char d'assaut ou la bonbonnière-navette spatiale par exemple) par un petit vieux rigolo. Le type parcourt quelques scènes d'action où, malgré le déchaînement de violence autour de lui, son brushing et son sourire ultra-bright restent intacts du début à la fin. Il met en échec les plans du méchant, ramasse généralement une top-modèle (ou 2) qui traînait par là. Fin. Au numéro d'après, on prend les mêmes et on recommence.
Lisse comme du plastique, sans saveur, sans odeur, ces James Bond Ken-GI Joe, aussi expressifs que les jouets du même nom, m'ont toujours horripilé.
Et là, Casino Royal : de la parenté il reste essentiellement des scènes d'action surchargées dont on peut sans trop de mauvaise foi remettre en cause le "réalisme". Ce petit héritage génant est vite oublié parce que ce James Bond est 1)impressionnant physiquement 2) a la gueule du mec qui peut sauter d'une grue à une autre sans sourciller 3) ne sort pas indemne de ces péripéties et n'a pas l'air principalement obsédé par sa coupe de cheveux 4) la violence y est dure et primaire, on n'a pas l'impression de voir des soldats de carton-pâte en train de jouer aux explosions et à la guerre. Les protagonistes souffrent et ont peur d'y passer. La violence a des conséquences et n'a pas l'air d'être une simple distraction pour espion qui s'ennuie.
Essentiellement, le nouveau James Bond est un tueur de sang-froid, bien dôté en muscle et en cervelle, sans doute un homme à femmes, mais aussi et surtout, un mec qui peut laisser ses sentiments obscurcir son jugement, un mec qui peut échouer et un mec qui peut aimer et être trahi. Loin des pinguins en plastique des épisodes précédents, Casino Royal distille quelques indices sur le passé et les motivations de Bond et fait de lui un homme impressionnant, efficace, sûr de lui mais pas invincible. Les James Bond girls ne sont pas des poupées sans cervelles dont James dispose sans jamais se poser de questions. La première, croisée au début du film, meurt à cause du "zèle" de Bond et sans tomber dans aucune de forme de larmoiement, elle n'est pas non plus simplement passée par pertes et profits (On comprend que 007 peut être, en gros, un sale boulot). Pour la seconde, nous avons une James Bond girl certes belle, mais aussi intelligente et ayant du caractère et ses propres démons à affronter. Elle est plutôt une beauté fragile et pas une énième Bond girl, juste bonne à fournir la fameuse "séquence maillot bain".
En conclusion, des scènes d'action époustouflantes, un acteur principal qui toute la densité dont peut rêver pour ce genre de films, des seconds rôles qui ne sont pas de simples faire-valoir, une histoire qui tient la route, un sens de l'autodérision bien placé, et un retour à la dureté et aux bases du personnage, un James Bond qui m'a converti, moi qui me croyais allergique à vie aux James Bond sur pellicule.
J'ai adoré. Et pourtant Dieu sait que, contrairement à une tradition familiale, j'ai détesté la plupart des James Bond ce que j'ai vu par le passé. D'ordinaire, un James Bond ça se passe comme ça : le monde est menacé par un complot ridicule avec un grand méchant très riche, très mégalomaniaque et un peu fou. Il y a généralement un asiatique, un nain ou un géant qui sert de garde du corps ou d'homme de main (utile pour les scènes d'action en un contre un). Un type au brushing et costard parfait, dont l'unique obssession dans la vie est la manière dont est préparé son Martini, se voit confier une série de gadgets défiant toute logique (le stylo char d'assaut ou la bonbonnière-navette spatiale par exemple) par un petit vieux rigolo. Le type parcourt quelques scènes d'action où, malgré le déchaînement de violence autour de lui, son brushing et son sourire ultra-bright restent intacts du début à la fin. Il met en échec les plans du méchant, ramasse généralement une top-modèle (ou 2) qui traînait par là. Fin. Au numéro d'après, on prend les mêmes et on recommence.
Lisse comme du plastique, sans saveur, sans odeur, ces James Bond Ken-GI Joe, aussi expressifs que les jouets du même nom, m'ont toujours horripilé.
Et là, Casino Royal : de la parenté il reste essentiellement des scènes d'action surchargées dont on peut sans trop de mauvaise foi remettre en cause le "réalisme". Ce petit héritage génant est vite oublié parce que ce James Bond est 1)impressionnant physiquement 2) a la gueule du mec qui peut sauter d'une grue à une autre sans sourciller 3) ne sort pas indemne de ces péripéties et n'a pas l'air principalement obsédé par sa coupe de cheveux 4) la violence y est dure et primaire, on n'a pas l'impression de voir des soldats de carton-pâte en train de jouer aux explosions et à la guerre. Les protagonistes souffrent et ont peur d'y passer. La violence a des conséquences et n'a pas l'air d'être une simple distraction pour espion qui s'ennuie.
Essentiellement, le nouveau James Bond est un tueur de sang-froid, bien dôté en muscle et en cervelle, sans doute un homme à femmes, mais aussi et surtout, un mec qui peut laisser ses sentiments obscurcir son jugement, un mec qui peut échouer et un mec qui peut aimer et être trahi. Loin des pinguins en plastique des épisodes précédents, Casino Royal distille quelques indices sur le passé et les motivations de Bond et fait de lui un homme impressionnant, efficace, sûr de lui mais pas invincible. Les James Bond girls ne sont pas des poupées sans cervelles dont James dispose sans jamais se poser de questions. La première, croisée au début du film, meurt à cause du "zèle" de Bond et sans tomber dans aucune de forme de larmoiement, elle n'est pas non plus simplement passée par pertes et profits (On comprend que 007 peut être, en gros, un sale boulot). Pour la seconde, nous avons une James Bond girl certes belle, mais aussi intelligente et ayant du caractère et ses propres démons à affronter. Elle est plutôt une beauté fragile et pas une énième Bond girl, juste bonne à fournir la fameuse "séquence maillot bain".
En conclusion, des scènes d'action époustouflantes, un acteur principal qui toute la densité dont peut rêver pour ce genre de films, des seconds rôles qui ne sont pas de simples faire-valoir, une histoire qui tient la route, un sens de l'autodérision bien placé, et un retour à la dureté et aux bases du personnage, un James Bond qui m'a converti, moi qui me croyais allergique à vie aux James Bond sur pellicule.
par Julien
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En face de chez nous, il y a une épicerie. Ladite épicerie revendique son appartenance polonaise c'est-à-dire qu'entre autres produits classiques, le Polonais peut trouver son journal, sa charcuterie, ses gâteaux, son pain estampillés "Made in Poland" avec tout écrit en lettres que je ne comprends pas dessus (un premier constat, il doit être très difficile de jouer au scrabble en polonais vu le nombre de Z présents dans les trois quarts des mots, les amateurs apprécieront). Et donc au milieu de notre épicerie (enfin au fond), il y a des yahourts "Danone" ou encore "Danon" ou bien "Danio". Et moi et Julie, on en achète de plus en plus souvent parce qu'il y a d'autres parfums que les éternels fraise-framboise bifidus du convenience store local (Sainsbury's) ou pire les Müller, le yahourt anglais typique, c'est-à-dire dégueulasse et chimique à vomir (et pourtant Dieu sait que je suis tolérant au niveau du yahourt).
Le choix des saveurs s'effectue cependant totalement à partir du dessin sur le packaging du yahourt parce que je ne sais si vous savez comment on écrit vanille ou pêche en polonais mais moi pas (mais je devrais finir par apprendre). Et là, vous me direz : "Qu'est-ce qu'il nous fatigue avec ces yoghurts polonais lui?". Et je vous répondrai, bande d'insolents, que ceci est un symptôme très représentatif d'une époque et d'un pays, la mondialisation, l'Europe ouverte, la fin des frontières et tout le tralala. Pensons-y, moi, Français, né en Région Parisienne, j'habite dans le quartier juif de Londres, lui-même en phase de se transformer en quartier polono-bulgare (dixit l'opticien indien du coin) et quand je veux acheter mes yoghurts Danone, il faut que j'aille chez l'épicier polonais qui fait lui-même importer des yoghurts Danone de Pologne. Donc en achetant des yoghurts polonais (mais français) et en voulant faire le bonheur de sa clientèle polonaise, il fait le bonheur d'un Français (suivez). Et si Danone ne s'était pas implanté en Pologne, moi et ma dulcinée n'en profiterions pas. Tout ça pour vous dire, c'est vraiment le bordel ce yoghurt, mais c'est quand même bien sympa.
Le choix des saveurs s'effectue cependant totalement à partir du dessin sur le packaging du yahourt parce que je ne sais si vous savez comment on écrit vanille ou pêche en polonais mais moi pas (mais je devrais finir par apprendre). Et là, vous me direz : "Qu'est-ce qu'il nous fatigue avec ces yoghurts polonais lui?". Et je vous répondrai, bande d'insolents, que ceci est un symptôme très représentatif d'une époque et d'un pays, la mondialisation, l'Europe ouverte, la fin des frontières et tout le tralala. Pensons-y, moi, Français, né en Région Parisienne, j'habite dans le quartier juif de Londres, lui-même en phase de se transformer en quartier polono-bulgare (dixit l'opticien indien du coin) et quand je veux acheter mes yoghurts Danone, il faut que j'aille chez l'épicier polonais qui fait lui-même importer des yoghurts Danone de Pologne. Donc en achetant des yoghurts polonais (mais français) et en voulant faire le bonheur de sa clientèle polonaise, il fait le bonheur d'un Français (suivez). Et si Danone ne s'était pas implanté en Pologne, moi et ma dulcinée n'en profiterions pas. Tout ça pour vous dire, c'est vraiment le bordel ce yoghurt, mais c'est quand même bien sympa.
par Julien
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L'Evêque Michael Nazir-Ali s'est récemment attaqué au double langage et aux double-standards d'une partie des musulmans. J'ai relévé cet article 1) parce que je suis d'accord avec lui 2) parce que je ne crois pas qu'à part en Grande-Bretagne on trouve énormément d'hommes d'Eglise ayant son parcours et ayant atteint son niveau de responsabilités, j'ai trouvé cela assez représentatif de la société britannique.
Pour faire portrait très rapide, l'homme est né au Pakistan d'un père qui s'est converti au Christianisme alors qu'il était musulman.
Le principal reproche qu'il fait aux Musulmans : ils se mettent toujours en position de victime même lorsqu'une intervention se fait contre de musulmans oppresseurs comme le régime Taliban en Afghanistan. Dans ces conditions, il est strictement impossible de débattre avec eux puisqu'ils demandent systématiquement à leurs interlocuteurs de remettre en cause leurs valeurs aux profits des leurs sans jamais questionner ne serait-ce qu'une seconde leurs propres valeurs. Dans ces conditions, peu importe les concessions que les occidentaux peuvent être amenés à faire, elles seront toujours insuffisantes, puisque le présupposé est qu'ils sont systématiquement des agresseurs/oppresseurs et les musulmans systématiquement des victimes innocentes.
Je trouve le point de vue intéressant parce qu'il est aussi représentatif d'un changement d'hatitude en Grande-Bretagne et en Europe en général. La Grande-Bretagne a un long passé de tolérance voire de laxisme complet par rapport aux minorités religieuses qui a facilité l'implantation de cellules extrémistes et la diffusion de leurs idées y compris au sein de populations originellement plus modérées. Après les critiques de Jack Straw suivi par Tony Blair et un ensemble de personnalités anglaises contre le voile couvrant l'intégralité du visage (pas par respect de la laïcité, concept inconnu ici, mais parce que ce type de voile est dénoncé comme le signe d'une volonté de se séparer et de s'exclure de la société anglaise et des non-musulmas), il y a un retour de feu contre ces extrémistes et ceux qui les soutiennent par leur silence.
Ce qui est fascinant, c'est que cette réaction se fait d'assez belle manière (avec des limites) sur le plan des idées. Mis à part de la part des courants politiques habitués aux excès verbaux, pas d'attaque en règle sur les Musulmans/étrangers non-assimilables mais un questionnement de ces individus et de leurs certitudes idéologiques et une remise en cause de leurs postures de victimes qu'on a trop longtemps habituées à ne jamais questionner au nom d'un relativisme culturel mou.
Et la société anglaise de retourner la sacro-sainte lettre T contre ceux qui en ont abusé en disant : "Nous nous montrons très tolérants sur vos valeurs, si vous n'y adhérez pas entièrement, soit, mais à vous de vous montrer tolérants des nôtres". A cela, deux réponses possibles. Soit les concessions sont effectivement mutuelles, et la concorde peut exister. Soit le bras de fer s'amplifie et l'avenir sera sombre.
“Their complaint often boils down to the position that it is always right to intervene when Muslims are victims, as in Bosnia or Kosovo, and always wrong when the Muslims are the oppressors or terrorists, as with the Taliban or in Iraq,” said Nazir-Ali.
un des articles est ici
Pour faire portrait très rapide, l'homme est né au Pakistan d'un père qui s'est converti au Christianisme alors qu'il était musulman.
Le principal reproche qu'il fait aux Musulmans : ils se mettent toujours en position de victime même lorsqu'une intervention se fait contre de musulmans oppresseurs comme le régime Taliban en Afghanistan. Dans ces conditions, il est strictement impossible de débattre avec eux puisqu'ils demandent systématiquement à leurs interlocuteurs de remettre en cause leurs valeurs aux profits des leurs sans jamais questionner ne serait-ce qu'une seconde leurs propres valeurs. Dans ces conditions, peu importe les concessions que les occidentaux peuvent être amenés à faire, elles seront toujours insuffisantes, puisque le présupposé est qu'ils sont systématiquement des agresseurs/oppresseurs et les musulmans systématiquement des victimes innocentes.
Je trouve le point de vue intéressant parce qu'il est aussi représentatif d'un changement d'hatitude en Grande-Bretagne et en Europe en général. La Grande-Bretagne a un long passé de tolérance voire de laxisme complet par rapport aux minorités religieuses qui a facilité l'implantation de cellules extrémistes et la diffusion de leurs idées y compris au sein de populations originellement plus modérées. Après les critiques de Jack Straw suivi par Tony Blair et un ensemble de personnalités anglaises contre le voile couvrant l'intégralité du visage (pas par respect de la laïcité, concept inconnu ici, mais parce que ce type de voile est dénoncé comme le signe d'une volonté de se séparer et de s'exclure de la société anglaise et des non-musulmas), il y a un retour de feu contre ces extrémistes et ceux qui les soutiennent par leur silence.
Ce qui est fascinant, c'est que cette réaction se fait d'assez belle manière (avec des limites) sur le plan des idées. Mis à part de la part des courants politiques habitués aux excès verbaux, pas d'attaque en règle sur les Musulmans/étrangers non-assimilables mais un questionnement de ces individus et de leurs certitudes idéologiques et une remise en cause de leurs postures de victimes qu'on a trop longtemps habituées à ne jamais questionner au nom d'un relativisme culturel mou.
Et la société anglaise de retourner la sacro-sainte lettre T contre ceux qui en ont abusé en disant : "Nous nous montrons très tolérants sur vos valeurs, si vous n'y adhérez pas entièrement, soit, mais à vous de vous montrer tolérants des nôtres". A cela, deux réponses possibles. Soit les concessions sont effectivement mutuelles, et la concorde peut exister. Soit le bras de fer s'amplifie et l'avenir sera sombre.
“Their complaint often boils down to the position that it is always right to intervene when Muslims are victims, as in Bosnia or Kosovo, and always wrong when the Muslims are the oppressors or terrorists, as with the Taliban or in Iraq,” said Nazir-Ali.
un des articles est ici
par Julien
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